Le ministre de l’Education nationale a rencontré les professionnels de l’inclusion scolaire et des élèves en situation de handicap à l’école Victor-Hugo à Créteil.

Créteil, ce lundi. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et sa consœur au Handicap Sophie Cluzel ont observé le fonctionnement d’une unité d’inclusion scolaire autisme à l’école Victor-Hugo avant d’assister à un cours dans une classe de CE2 qui accueille deux élèves handicapés. LP/Marion Kremp

Depuis la porte close de la salle de classe ne se sont échappées que les voix des enfants. Quelques notes de comptines avant un entretien privé avec les ministres.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et sa consœur au secrétariat d’Etat au Handicap Sophie Cluzel ont rencontré les deux élèves présents ce lundi après-midi de l’unité d’enseignement autisme de l’école Victor-Hugo de Créteil.Lire notre dossier

Une classe spéciale ouverte en 2009 grâce à une convention passée avec le service de pédopsychologie de l’hôpital intercommunal de Créteil (Chic) via l’agence régionale de santé et en collaboration avec la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

De quoi illustrer en cette rentrée la nouvelle politique d’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. Ou sa réorganisation plutôt, pour un accueil plus efficace et une professionnalisation des accompagnants scolaires dans le cadre de la loi « Pour une école de la confiance ».

Ainsi, pour mieux répondre à la demande de scolarisation des élèves handicapés comme le prévoit la loi depuis 2005 déjà, tous les départements sont dotés cette rentrée de services dédiés à l’inclusion.

6 743 élèves concernés dans le département

Dans le Val-de-Marne, les 81 unités localisées d’inclusion scolaire (Ulis) du 1 er degré, les 35 Ulis collège et les 8 Ulis lycée sont désormais réparties en 46 pôles inclusifs d’accompagnement personnalisé (Pial). Tandis que l’ académie de Créteil en compte 130 au total.

Pour les 6 743 élèves en situation de handicap accueillis dans les établissements scolaires du département, ces Pial permettent désormais de recruter directement des accompagnants (AESH).Newsletter Val-de-MarneChaque matin, l’actualité de votre département vue par Le ParisienVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Mais surtout ces derniers voient leur « statut renforcé » par une volonté du ministre de les professionnaliser. Ils bénéficieront, si cela n’est pas déjà fait d’une formation de 60 heures et après deux contrats de 3 ans pourront être titularisés.

Ce qui continue cependant d’être privilégié reste l’inclusion en milieu scolaire dit « ordinaire ». Ce que Jean-Michel Blanquer a pu observer également à l’école Victor-Hugo dans une classe de CE2 où Asma, AESH depuis déjà 3 ans, assistait une élève en situation de handicap.

Le ministre, en retrait, a surtout observé et écouté les professionnels. Tous, des enseignants aux AESH ont noté le bénéfice de la flexibilité du dispositif qui permet aux élèves handicapés de se retrouver mélangé selon leur capacité aux autres élèves pour des sessions particulières et adaptées, comme le sport notamment.

ÇA COINCE DÉJÀ À VILLEJUIF

La problématique des accompagnants des élèves en situation de handicap, les nouveaux AESH que l’on appelait auparavant AVS (auxiliaires de vie scolaire) ne date pas de cette rentrée.

Chaque année, les syndicats enseignants et les parents d’élèves tirent la sonnette d’alarme concernant leur recrutement… et leur manque ! Malgré cette réorganisation présentée comme vertueuse, le statut de ces derniers inquiète, leur pénurie aussi. Quand ce ne sont pas les enseignants spécialisés qui manquent à l’appel.

A Villejuif ce lundi, une classe Ulis n’avait pas encore d’enseignant, ni d’AESH à l’école Jean-Vilar. Au rectorat, la directrice académique Guylène Mouquet-Burtin se veut rassurante : « Ils sont en cours de recrutement, la situation va très vite rentrer dans l’ordre », assurait-elle en marge de la visite ministérielle.

Concernant le statut d’AESH qui remplace celui des AVS, les syndicats s’inquiétaient à la veille des vacances de printemps du non-renouvellement de 80 AVS en contrat aidés. Leurs contrats n’avaient pas été renouvelés faute d’enveloppe budgétaire. Le rectorat avait assuré que « personne ne serait laissé sur le bord du chemin et que ceux qui le souhaiteraient basculeraient en contrat AESH. »

réalisé par Marion Kremp @marionkrempLe